On air [DVD]

MegaOctet + ETE

Une longue liste de musiciens pour un long concert de presque deux heures trente se décomposant en deux parties : la première en trio de composition classique piano, contrebasse, batterie et la seconde avec une formation originale : le Megaoctet dirigé par le pianiste Andy Emler et qui a obtenu un prix de l’académie du jazz pour son dernier album « West in peace ». Ces deux formations s’élargissent momentanément en quartuette(sur un morceau) et gigaoctet( sur trois morceaux) avec un invité qui, c’est le moins que l’on puisse dire… met de l’électricité dans l’air : le guitariste Marc Ducret.

Le concert débute donc par le trio qui après une ouverture très libre poursuit avec « inquiétudes » et si le climat s’avère alors effectivement un peu stressant au bout d’une douzaine de minutes l’auditeur peut être rassuré par la vigueur du jeu du pianiste qui emporte avec lui dans un souffle puissant ses deux complices tout aussi énergiques. Nombreux thèmes répétitifs et d’une grande fermeté donne à leur musique un air plus proche de l’orage que de la brise légère si ce n’est lors de plus courts moments de respiration. Lorsque Marc Ducruet entre en scène on peut craindre qu’il ne vienne polluer l’air par ces sons électriques au début un peu agaçants mais rapidement il s’intégre au trio dans un jeu plus agréable à l’oreille.

Dans la seconde partie Andy Emler se fait un peu plus discret dans son triple rôle de pianiste compositeur et de direction voire, selon ses propres termes d' »organisateur de plaisir« …. Et le plaisir des musiciens est évident, ainsi il suffit d’entendre et voir Médéric Collignon dans une incroyable imitation de toutes sortes d’instruments dont la guitare de Marc Ducruet avant de l’accueillir parmi ce mégaoctet constitué essentiellement d’instruments à vent dont même une cornemuse lors des « 9 cents lunes« . Chacun d’eux donne au moins un solo dans l’un des cinq longs morceaux, ce qui permet aussi de les voir un peu mieux car la prise de vue est très majoritairement sur plan large ou concentré sur le batteur Eric Echampard, lui-même au centre de la scène et qui il est vrai a aussi un rôle primordial pour maintenir la pression de l’air dans les hautes altitudes, son physique agréable et ses gestes sensuels ne gâchent rien à la qualité de l’enregistrement, au contraire. L’atmosphère de celui-ci à la frontière du rock et du jazz enthousiasmera tout autant les amateurs de ces deux styles musicaux.